Un pont s’effondre sur le Tarn

Nous avons tous appris que le pont de Mirepoix-sur-Tarn s’est effondré le 18 novembre au matin entraînant la mort de 2 personnes. Un prétexte à une petite réflexion.

La question de la fiabilité dépend de la résistance et de la sollicitation. La résistance contient des informations qui resteront toujours aléatoires et d’autres épistémiques qui peuvent être enrichies par les inspections et la mise à niveau de l’état du pont. Il est toujours aisé de demander toujours plus d’opérations couteuses.

La sollicitation dépend des actions naturelles qui n’obéiront qu’aux lois de la nature, également difficiles à estimer et des actions d’usage de circulation et là, nous avons vraiment la possibilité de les maîtriser.

Une thèse publique a été soutenue le 25 octobre dernier devant l’université Paris-Est par Mariia Nesterova. Une présentation résumée est donnée ici. Son titre : « Reliability of structures exposed to traffic and environmental loads ».

Pour cette étude, des opérations de pesage en marche ont été diligentées sur le viaduc de Millau. Une table et deux figures sont extraites du document.

Cette table rappelle que la masse totale autorisée en France est 44t (Gross Vehicule Weight). Selon les catégories de véhicules, le % de dépassement est tout sauf une faible probabilité.

Cette figure montre la distribution des masses selon les catégories de véhicules et les maximums observés, jusqu’à presque 2 fois la limite autorisée.

Quelles conclusions ? S’il est probable qu’un coefficient de 2 soit supportable pour une charge instantanée, il est certain que la répétition de ces surcharges ne peut que conduire à une accélération de la fatigue du pont, sans oublier que ce peut être le vent qui soit le plus endommageant.

Pourquoi ne pas commencer par ce qui paraît simple mais ne l’est sans doute pas puisque ce n’est pas mis en œuvre, c’est-à-dire réduire la fatigue des ouvrages en faisant prendre conscience des risques pris et en faisant respecter la loi.